jeudi 8 novembre 2012

Il était 22h00 en ce 31 octobre et je rentrais chez moi lorsque…

Bonjour,

Sur son site, Dominique a lancé un concours d'Halloween... Pour participer à ce concours, il suffit de continuer la phrase suivante en quelques paragraphes ou en une page. Bien sur, ça doit être une histoire qui fait peur….. et aussi, qui se termine sur une note d’humour….


"Il était 22h00 en ce 31 octobre et je rentrais chez moi lorsque…"


Je n'aime pas trop participer aux concours... C'est un euphémisme, je déteste ça... Il y a forcément un jugement qui me pose un énorme problème... Mais Dominique partage son savoir sur le journal créatif d'une manière si généreuse -et j'en profite allègrement- par son site alors je me dis toujours qu'il est plus correct de participer à un blog qui vous apporte quelque chose par des commentaires ou une participation...

De surcroît, j'avais une histoire... je ne suis pas "partie de rien" (parce que pour le coup, j'avais autre chose à faire et en tête... avec l'inspection dont j'ai été avertie la veille des vacances pour le retour des vacances). 

En réalité, ce n'est pas tout à fait une histoire, c'est un cauchemar. Je ne me rappelle jamais mes rêves... Je sais que je dois rêver, bien sûr, tout le monde rêve, mais jamais je ne m'en rappelle... Je ne me rappelle que des cauchemars récurrents... Et celui-là en est un... 

Donc je me suis lancée dans la rédaction et je n'ai modifié que la fin de l'histoire... Dans mon cauchemar, je me réveille toujours... ben... comme dans l'histoire... Juste le silence et la pensée panique de ce qui est "probablement" en train d'arriver... Pour Dominique, j'ai juste ajouté "la petite note d'humour"... parce qu'à dire vrai, quand je me réveille après ce cauchemar, je n'ai "aucune note d'humour"... 

Voici mon texte : 

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IL était 22 h en ce 31 octobre et je rentrais chez moi, toute contente de rentrer, la journée avait été fatigante et je pouvais enfin prendre un thé très chaud, pensant par avance à profiter de la flambée dans la cheminée tout en ne m’inquiétant pas de la nuit noire qui envahissait de plus en plus tôt, bien trop tôt, la campagne avoisinante… Je rentrais enfin chez moi donc, je tournais déjà la clé dans la serrure, lorsque… j’entendis comme une mélodie psalmodiée d’une voix sourde. Je me retournais... Qui pouvait donc avoir envie de chantonner par cette nuit sans lune ?

Bah… Les voisins faisaient ce qu’ils voulaient, et ils étaient sûrement plus à même que moi de se repérer dans ce dédale de chemins et de champs… Et moi je voulais embrasser les enfants et prendre mon thé… Je refermais donc la porte derrière moi… me débarrassais de mes affaires en prenant bien soin de les ranger à l’endroit où je savais les retrouver le lendemain matin… Oui, c’est une habitude un peu pénible, mais drôlement facilitante quand j’étais pressée le lendemain…

Je mis l’eau du thé à bouillir et je partis à la recherche des enfants… En passant devant ma chambre, je me dis que mon lit était bien tentant, dans ses jolies couleurs douces, il faudrait que je me couche tôt, ce soir… Mince ! Les enfants avaient apparemment prévu à nouveau de jouer à cache-cache… Encore… Ce jeu les faisait tellement rire, enfin surtout quand je ne les trouvais pas… Moi je riais moins… Ce qui ajoutait probablement à leur joie. Et bien ce soir, cela attendrait que mon thé soit prêt ! Je retournais donc à la cuisine quand mes yeux se fixèrent sur le tableau des messages « Maman, nous sommes allés nous promener dans les champs… » La nuit ? Mes enfants étaient-ils donc devenus fous ?

Je ressortis pour les appeler mais la psalmodie m’en empêcha, elle était devenue de plus en plus forte, comme un leitmotiv qui se répétait, machinalement… J’eus l’impression qu’elle venait du champ qui était derrière la maison… Tout à coup je me rappelais…. Mon voisin m’avait averti qu’il sortait la moissonneuse aujourd’hui, qu’il était désolé mais qu’il faudrait bien que la moisson des blés soit faite quelle que put être la durée de la journée de travail…. Il était trop tard maintenant, sa maladie l’avait empêché de s’y mettre avant et il risquait de perdre sa récolte…  Cela nous promettait une nuit bruyante… Mais je n’avais pas prévu que les enfants sortiraient…  Ils savaient ne pas devoir sortir avant mon retour… Nous n’avions donc pas parlé de la nuit de la moissonneuse… J’appelais les enfants… Je fis rapidement le tour de la maison, le chant  mécanique de la moissonneuse devenait assourdissant… J’appelais de nouveau … J’entendis tout à coup le rire de mon tout petit, un petit rire tout cristallin au milieu de toute cette « machinerie ». Cela faisait toujours rire le petit quand je l’appelais, c’est d’ailleurs comme ça que je le trouvais… Il suffisait de chercher en disant bien fort où je cherchais, en m’inquiétant de ne pas le trouver, et il éclatait de rire…  Ensuite il suffisait de lui demander où il était et il le disait, toujours en éclatant de rire… « On ... …ans … … amp »… Mais où donc étaient les enfants ? Dans les champs…. Oui, mais où dans le champ ? Dans le champ, j’entendais aussi le bruit des blés, fauchés par la machine insensible, qui s’écroulaient et étaient écrasés, broyés… J’essayais d’hurler pour appeler les enfants …. Mais j’étais tétanisée, je n’arrivais à rien… mes jambes étaient bloquées, ma gorge étranglée,  ma voix ne sortait pas, impossible de crier pour les appeler… Je n’entendais plus que la mélopée rauque de la moissonneuse et le rire des enfants dans le champ… la machine, les enfants, la machine qui se rapprochait, les enfants qui riaient…. Et dans ma tête, parce qu’il n’y avait plus que cela qui fonctionnait, j’étais toujours coincée sur le chemin qui longeait le champ, j’entendais inexorablement la complainte de la moissonneuse se rapprocher du rire des enfants…

Un grand silence se fit…

Je sentis tout à coup une grande bousculade et j’entendis le plus petit de mes enfants me dire « Tu ne nous as pas trouvés » en riant tandis que les deux grands ronchonnaient en boudant « Tu n’étais pas sensée t’endormir ! »

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Merci pour ton partage Dominique. 


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